Vous êtiez nés l'un derrière l'autre et, jusqu'au bout vous ne vous êtes jamais quittés. Cette photo a été prise trois mois avant que tu partes. Les ravages de la
cortisone avaient fait leurs effets depuis longtemps. En plus de tes blessures, tu avais pris 30 kg. Tu souffrais beaucoup pour te lever et tes pattes se déformaient. Tu avais des croquettes
spéciales et cela me faisait mal au coeur de te voir si affamée. Et puis, il y a eu ce jour de juillet où tu as voulu voler un torchon dans la cuisine pour me faire enrager. Tu t'es
cognée la tête sur une arête du meuble haut, et depuis ce jour tu perdais toute la peau de ton crâne qui devenait de plus en plus à vif, ta maladie immuno déficitaire empêchait
toute guérison, même du moindre bobo. Je ne peux pas vous montrer de photos, par respect pour elle.
Un petit matin de septembre, tu étais au frais sur la terrasse, et tu m'as regardée. Tu m'as fait comprendre que tu n'en pouvais plus, qu'il fallait arrêter. Toi si sauvage,
tu m'avais donné tout ton amour et ta confiance. C'est pour cela que j'ai pu te faire si longtemps des soins quotidiens assez lourds. Depuis des mois tu ne me quittais plus d'une semelle, tu te
couchais à mes pieds là où j'étais. Nous nous comprenions d'un regard, nous nous aimions d'un regard. Je n'ai toujours pas enlevé tes gamelles, elles sont à côté de celles de ton frère. C'est
comme ça !
Tu n'avais que 4 ans 1/2, tu es libre ma petite louve, et moi je reste là
avec mon chagrin. Je t'aime.
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